Après moult péripéties nous voila installés à Bohicon, petite ville de la province de Zou (du nom du fleuve), carrefour commercial du sud du Bénin. La machine est enfin arrivée jeudi après midi pour s'embourber somptueusement dans 40 cm de latérite gorgée d'eau (fin de saison des pluies).Technique de base locale: niveleuse, bull, des cales en teck, des élingues et une armée de petits bras qui poussent ou tirent (parfois les deux) pour extirper la masse de sa gangue rougeâtre 20 heures, elle était au sec et moi à l'hôtel.
Hôtel DAKO 1 er, du nom d'un roi du Bénin du XVIème siècle, appelé alors le Daomé. 3 étoiles normes locales, clim dans les chambres, avec une petite tarente comme colocataire, restauration plus que correcte pour le pays et piscine (la seule de la ville) à utiliser avec prudence. Les aspects les plus agréables sont le calme et l'absence de pollution dans cette ville. Professionnellement, nous sommes éloignés de la capitale, donc du siège, donc des chefs et nous bossons plus sereinement. L'ambiance à la direction est polluée par un ou deux expatriés blancs qui vocifèrent et insultent les locaux sous couvert de compétences techniques qu'ils ne maitrisent même pas. Donc là, nous respirons. Cela n'empêche pas l'Afrique de toujours surprendre. Trois engins en panne en 2 jours. Nous verrons lundi.
Aujourd'hui, repos, et parenthèse culturelle. Au programme, visite d'Abomey ou est construit le palais royal ou se sont succédées les multiples dynasties de roi. Et ou est érigé le monument symbole de la lutte contre la colonisation, française en l'occurrence, célébrant l'indépendance en 1970.Le palais est inscrit au patrimoine culturel de l'humanité et est en cours de rénovation. Une partie de ses murs d'enceinte est, selon la légende, bâtie avec de la terre mélangée au sang des esclaves, d'ou la couleur. La restauration est africaine, avec des superbes techniques ancestrales de construction et des toits en tôle rouillée. Surement par manque de moyens.
Le dimanche matin est dédié au culte, en complément du samedi matin lui consacré aux taches collectives. Nettoyage des rues, désherbages des ronds points ou des bas cotés. Tout cela en chantant et en rigolant.
3 principales religions. Les chrétiens, séparés en multiples églises (évangéliste, jésuite, etc. ...), les musulmans (islamisme cool, chacun fait ce qu'il veut, le ramadan est adapté selon des choix personnels) et les animistes, plus mystérieux. Quelques protestants et des traces de vaudou. Tout ce petit monde vit en bonne harmonie. Les seules différences sont crées par l'argent, et là, elles sont énormes. Le niveau d'étude est prépondérant, il permet de présenter les concours de la fonction publique et d'obtenir, ainsi, les meilleurs postes. Mais pour avoir des diplômes il faut faire des études et elles sont souvent payantes. CQFD, les pauvres paysans illettrés descendus du nord pour bosser resteront man½uvre à 40 euros par mois toute leur vie et leurs enfants aussi.
Jeudi à mi chemin du trajet, nous nous sommes arrêtés à Allada pour déjeuner et pour la première fois je n'ai pas suivi mes hôtes. Escargots (énormes, verts et marrons) sauce piment et agouti (sorte de ragondin) à mi chemin entre le rat et le lapin. Quand j'ai vu la queue de la bestiole dépassait du plat, j'ai choisi l'option "petit prince"-coca cola, moins exotique mais plus sure.
Voila je n'ai plus de crédit et il est et quart, l'heure du Ricard
bon anniversaire DOUDOU., coucou aux wallabies et à bientôt
Bisous aux filles du spérel
Jacques